Pourquoi rejoindre l’Association du Mouvement National Anti Football (A.M.N.A.F) ?


Si vous vous reconnaissez dans l’expérience ci-dessous, considérez que vous avez un nouveau cercle d’amis, et que nous avons hâte de vous accueillir.

 

Chronique d’une descente aux enfers


J’ai toujours regardé le football avec un oeil circonspect, teinté d'intérêt lors de rares accès de chauvinisme. Lors de la coupe du monde de 1994, je me rappelle m’être pris au jeu pour le Brésil avec ses joueurs mythiques tels que Kafu ou Romario. Une fois la coupe du monde terminée - dont je serais incapable de retrouver le nom du vainqueur - ce fut le black out intégral jusqu’à l’édition suivante, en 1998.

 


Et quelle coupe du monde !

 

Avec le recul, je sais qu’elle fait partie de mes traumatismes les plus enfouis, et que le lien de causalité avec nombre de mes névroses qui me pourrissent la vie encore aujourd’hui n’est pas à chercher ailleurs.

 

Reprenons. Durant cette coupe du monde, les choses allaient plutôt bien. Au début. L’équipe tricolore gagnait ses matchs avec une vraie qualité de jeu, et une pointe d’espoir réputée enterrée par des décennies de loose totale renaissait. Les “et si...” commençaient à se susurrer dans les hautes sphères, puis les murmures prirent de l’assurance jusqu’à s’intensifier en une immense clameur nationale avec ce rêve ultime : une confrontation France/Brésil en finale, avec une victoire française à la clé bien évidemment.

 

Après un match France/Italie gagné sur un formidable coup de chance, l’incroyable se concrétisait. LE match dont la France entière - toute classe sociale confondue - rêvait secrètement allait se produire. Presque de quoi résorber la "fracture sociale", si chère à Jacquot.

 

Et c’est ici que tout dérape. C’est ici ou ma vie se transforme en une lutte de chaque instant. Les milieux autorisés - validés par les hautes sphères étatiques et médiatiques - s’autorisent à dire que la défense française est la meilleure au monde, que les attaquants ne sont pas seulement beaux, musclés, et qu’ils sentent bons le sable chaud, mais qu’ils sont en plus les meilleurs attaquants de notre système solaire.

 

Après la victoire finale, après avoir entendu 62 fois en boucle “i will survive”, après avoir entendu un Thierry Roland hystérique hurler  (dans le texte) “putain de putain on a gagné, oh putain j’y crois pas, oh putain”, après avoir vu le rassemblement sur les Champs Elysées remplis de millions de prolétaires criant leur liesse envers ces nouveaux dieux du stades, après avoir vu Jacquot faire des claquettes et contenir la ch’tite larme, après avoir subi des jours entiers l’entourage trépigner leur joie d’avoir gagné Le Graal Ultime, la psychose - pas celle du dimanche toute polie qui fait ses bagages le lundi hein, la grosse bien collante qui fait des miettes partout - s’instaure en force.

 

Imaginez sa croissance exponentielle, gavée par des confiseries médiatiques en tout genre : Joueurs qui débarquent chez moi à n’importe quelle heure pour déguster des Petits Lu, des Mac Do, se faire des cures d'Envian et squatter mon forfait SFR. Je passerais le jour ou elle a frisé l’obésité, lors de cet été mémorable, deux ans plus tard, avec l’euro 2000, le fameux doublé magique.  La France est sous le choc. Et moi sous camisole.

 

Associez à tout cela l’aspect financier, les montants des transferts des joueurs qui explosent, qui représentent pour un seul d’entre eux ce que je gagnerais en 2673 années de travail forcené, et vous serez en droit de vous demander par quel miracle je suis encore la pour m’épancher longuement, 8 ans après le déroulement du Premier Choc.

 

 

Le secret ? Le masochisme (bondage, cire brûlante et pince-téton)

 

“Il faut soigner le Mal par le Mal” a dit un grand dentiste.

 

Ne vous méprenez pas, je ne suis pas devenu footballeur, ni masochiste, pas plus que dentiste ou alcoolique. Par contre, j’ai continué à suivre le football, et plus précisément l’ “évolution” de l’équipe de France.

 

Du moins j’ai essayé. Pour la coupe du monde suivante, en 2002, je n’ai même pas eu le temps de trouver la bonne chaîne que notre fier patrimoine footballistique était déjà rentré au bercail, histoire de vérifier ou il avait bien pu ranger son talent.

 

Grâce à cette performance exceptionnelle, ma psychose perdit un bon quintal, les joueurs disparaissant rapidement du paysage audiovisuel, y compris des spots publicitaires. Le ciel commençait à s’éclaircir, et je pouvais recommencer à sortir dans la rue, et à guetter les discussions qui portaient de tout SAUF de football.

 

Les choses n’étaient pas encore idéales, et une résistance encore active sévissait, dans le but inavouable de faire croire que cette contre-performance  n’était qu’une baisse temporaire de nos joueurs, sans doute due à un mauvais alignement des astres en conjonction avec le réchauffement planétaire.

 

Heureusement, ces mêmes joueurs ne l’entendaient pas de cette oreille, et n’eurent pas d’autre choix que de démontrer à tous que la médiocrité était le nouveau mot d’ordre, ce qu’ils firent magistralement lors de l’Euro 2004, en accumulant matchs poussifs, et faisant montre d’une supériorité méprisante lors des interview.

 

Je remercie au passage Marcel (c’est ainsi que j’appelle désormais Dessailly, qui m'a grandement guidé dans ma thérapie) pour son interview phare ou il se montra d’une prétention royale (ou d’une cécité complète, autre probabilité forte), après un match catastrophique dans sa globalité, et juste minable pour lui même.


Pour la postérité, j'espère vivement que cette interview restera consultable à jamais, sur YouTube ou assimilé, rangée sagement à côté de celles de Jean-Claude "Aware" Vandame.


Depuis ces évènements, je vais bien, et les choses vont en s’améliorant. Encore hier, je me sentais un peu plus porté vers la Lumière en écoutant Thierry Roland, désormais commentateur sur M6 à l’occasion de rencontres dont tout le monde se fout, qui estimait - en parlant de la prochaine Coupe du Monde - que notre glorieuse équipe nationale serait largement dominée sur tous les plans par une bonne moitié des autres nations.

 

Ainsi, je commence même à retrouver une certaine plénitude, et j’attends avec impatience ces orgasmes footballistiques qui ne vont pas tarder à arriver devant nos yeux ébahis...

 


2010, la grosse mise à jour


Thierry Rolland avait raison, et je ne sais pas si ses prévisions portaient aussi loin, mais sa Vérité de 2006 restera sans doute d'actualité lors de la Coupe du Monde de 2010, que je suivrais avec avidité depuis mon canapé, maillot, casquette et bière à l'appui.


Et oui... Car contre toute attente, et au désespoir des nombreux adhérents à mon mouvement anarcho-radicaliste, depuis la première écriture de cette page en 2006, je me suis même pris d'une passion inaltérable pour deux Clubs : le PSG, ainsi que l'U.S Boulogne, qui m'apportent une confiance inébranlable dans ce que j'appellerais modestement l'amélioration continue du patrimoine footballistique français.



Longue vie au foot !